Le stock minimum n'est pas ce qu'il vous reste, c'est ce que vous consommez en attendant
La rupture de stock dans un cabinet dentaire a un coût qui n'apparaît nulle part : la séance repoussée, le patient à rappeler, et l'achat en urgence au premier prix disponible.
La méthode la plus répandue pour l'éviter consiste à tout garder en abondance, ce qui règle un problème en en créant un autre : du capital immobile dans une armoire et des produits périmés avant usage.
La bonne méthode demande un calcul simple que presque personne ne fait, car il paraît plus compliqué qu'il ne l'est.
Le stock minimum est la quantité que vous consommez pendant le temps que met le réapprovisionnement à arriver. Si vous employez dix pièces par semaine et que la livraison prend une semaine, le stock minimum est de dix pièces.
Sous ce seuil vous êtes en retard, même s'il reste de la marchandise visible dans l'armoire. C'est le point le plus souvent manqué : on regarde ce qui reste au lieu de ce qui se consomme pendant l'attente.
À cela s'ajoute une marge de sécurité absorbant les variations : une semaine plus chargée que prévu, ou une livraison plus lente que d'habitude.
La marge ne s'applique pas uniformément. Elle doit être large sur les articles critiques, ceux sans lesquels une séance s'arrête, et peut être minime sur les articles substituables ou non urgents.
Distinguer ces deux catégories est l'opération au meilleur rendement. La plupart des articles d'un cabinet ne sont pas critiques, et les traiter tous pareil gaspille place et argent.
Les articles à date de péremption demandent le raisonnement inverse : on garde un stock bas même s'ils sont critiques, car le coût d'un produit périmé est certain tandis que la rupture n'est que possible.
Pour calculer la consommation il faut la connaître, et l'historique des commandes se révèle ici utile. Les dates des réapprovisionnements passés donnent le rythme auquel un article s'épuise, sans tenir de registre.
Le délai de livraison se vérifie auprès du fournisseur réel plutôt qu'il ne s'estime. Un fournisseur livrant en trois jours permet des stocks bien plus bas qu'un fournisseur qui met dix jours, et cela change le calcul pour chaque article que vous lui achetez.
Il s'ensuit que choisir un fournisseur n'est pas qu'une question de prix. Un article un peu plus cher mais arrivant en moitié moins de temps peut permettre de diviser le stock par deux, et le capital ainsi libéré vaut plus que l'écart de prix.
En résumé : le stock minimum est la consommation pendant le délai de livraison et non ce qui reste, la marge de sécurité n'est large que sur les articles critiques, les produits périssables veulent des stocks bas, l'historique donne le rythme de consommation, et un fournisseur rapide permet des stocks plus bas.