Chewing-gums au xylitol : la dose quotidienne et la fréquence comptent plus que la marque
Le chewing-gum sans sucre est l'un des rares dispositifs préventifs que le patient adopte volontiers, car il n'exige pas de discipline mais substitue une habitude à une autre.
L'effet mécanique est commun à tous les chewing-gums sans sucre : la mastication augmente nettement le flux salivaire, et la salive tamponne les acides et reminéralise.
Le xylitol ajoute un mécanisme propre. Streptococcus mutans l'absorbe en le prenant pour un sucre, mais ne peut le métaboliser, et dépense de l'énergie dans un cycle qui ne produit rien.
L'effet documenté est une réduction de la charge en mutans dans la plaque et la salive, avec une adhésivité moindre. C'est un effet sur la bactérie, non seulement sur le milieu.
La dose est le paramètre décisif, et celui que les produits commerciaux communiquent le moins. Les études montrant un effet sur la carie emploient des doses journalières de plusieurs grammes, réparties en plusieurs prises.
Un chewing-gum contient typiquement moins d'un gramme de xylitol, et les formulations varient beaucoup : certaines en contiennent des quantités minimes et emploient d'autres édulcorants comme base.
Lire la composition est donc nécessaire. Un produit où le xylitol figure en premier ingrédient a une concentration utile ; un produit où il apparaît en fin de liste n'a qu'un effet essentiellement mécanique.
La fréquence compte autant que la dose totale. Trois prises ou plus réparties dans la journée l'emportent sur la même quantité prise en une fois, car l'exposition répétée maintient la pression sur la bactérie.
Le moment le plus utile est après les repas, quand le pH est le plus bas et la stimulation salivaire fait le plus gros du travail. C'est aussi le moment dont le patient se souvient le plus facilement.
La durée de mastication a une limite pratique : au-delà de dix à vingt minutes l'effet supplémentaire est modeste, et chez les sujets prédisposés une mastication prolongée peut aggraver des symptômes articulaires.
Le sorbitol et le maltitol, présents dans bien des gommes, procurent la stimulation salivaire mais non l'effet propre sur le mutans. Ils ne sont pas inutiles, mais ne sont pas équivalents.
Il faut dire aux parents que le chewing-gum ne remplace pas le brossage et n'est pas indiqué chez le jeune enfant en raison du risque d'ingestion. En deçà d'un certain âge le xylitol se véhicule autrement.
En résumé : l'effet mécanique vaut pour tous les chewing-gums sans sucre, l'effet propre exige une teneur suffisante en xylitol, la fréquence compte autant que la dose, et la composition doit être lue car les formulations varient beaucoup.